Attention à bien suivre !

   

Culinaire Généalogie (J.Louis Dalès)

Mon tonton, et qui plus est, l’époux de la sœur de ma mère, mais également, le père de mon cousin germain, lequel, néanmoins s’appelle Pierre, prit un jour la mère de ma grand-mère. Et cela sans que ladite grand-mère ne vitupère !
Mon collatéral, donc, avec cette arrière-arrière-grand-mère, quoi de plus normal, sans rien du tout d’immoral, je le jure, mais grâce à la nature, a fait un petit. Et cela sans que personne ne l’admoneste !
Et la chimie a fait le reste…
Génalogique et primaire alchimie…
L’époux de la sœur de ma mère, donc mon oncle, m’a proposé, un temps après, un petit bout de la mère qui lui venait de ma grand-mère : Un enfant en quelque sorte de la mère de la mère de ma mère.
Je l’adoptai et optai pour un petit fût de chêne…
L’enfant, né grâce à la mère de ma grand-mère, qui est aussi la mère de ma mère à moi, fut sans émoi ni pamoison, donc, épris de vin… rouge !
De cette union, l’enfant de cette mère du vin du fût de chêne, pour perpétuer la chaîne, fut bien avisé d’enfanter une mère…
Rien d’extraordinaire à cette réversible généalogie primaire.
Donc, la fillette gemmaire, née de l’arrière-arrière grand-mère me venant de l’époux de ma mère, mon tonton donc, ainsi clonée, c’est mon cousin Pierre, appelé germain, qui en a hérité.
Il l’a adoptée et il a opté, lui, bon gré mal gré, pour un petit pot de grès… rouge.
Perpétuelle généalogie, venant, qui l’eût cru, d’un vieux cru de vin rouge, dans un petit pot de grès et un petit fût de chêne.
Chaîne culinaire, dont la mère de la mère de ma grand-mère, mère de la mienne est le premier maillon…
Mon oncle a pris un jour la mère de ma grand-mère…
Je lui en sais gré.
Car cela fit vinaigre dans la maison !
Moralité secondaire de ma fable presque indicible et « inapprenable » par cœur : Si notre vie est éphémère, les fils des mères, épris des crus rouges enfantant les mères de nos mères ou de nos grand-mères, fût-ce même par l’intermédiaire des époux des sœurs ou frères de nos mères, nos oncles donc, sont comme Noël et son Père, éternels, mazette !
Vivent donc nos tontons et nos vinaigrettes !…

(source : In Libro Veritas )