06 mars 2008

Mon Grand-Père et la Guerre

Prisonnier de Guerre

Je savais, par ma grand-mère et mes parents, que mon grand-père Misael avait été fait prisonnier pendant la Seconde Guerre Mondiale et avait réussi à s'évader. Mais c'est tout ce que je savais; je n'avais aucun autre élément, aucune date, aucun lieu ....

En commençant la généalogie de ma famille, j'ai donc décidé de rechercher quelques renseignements complémentaires afin d'essayer d'en savoir un peu plus sur ce fait là.

pieron_ren_

En novembre 2006, j'ai appris qu'il existait un service d'archives au Ministère de la Défense concernant les victimes des conflits contemporains. Je leur ai donc fait parvenir un courriel avec tous les renseignements (nom, prénoms, date de naissance...) que j'avais en ma possession, afin de voir si eux pouvaient me trouver quelques renseignements dans leurs archives.

Fin Avril 2007, je reçois de leur part un courrier contenant une fiche de "parcours de prisonnier de guerre", sur laquelle était noté tout ce que j'avais toujours voulu savoir !

voici les renseignements que j'ai pu obtenir :

Nom                            PIERON
Prénom                        Misaël
Date de naissance         09 février 1916
Lieu de naissance          Creil (Oise)
Grade                          soldat de 2eme classe
Bureau de recrutement   
Matricule recrutement    640
Régiment                     18eme Génie
Capturé le                    20 juin 1940
à                                "Charmes"
N°matricule captivité     2562 au Stalag XIIB

Stalag XIIB             Frankenthal        date arrivée ?    
                                                     date départ ?
Stalag XIIF             Bolchen              date arrivée ?    
                                                     date départ 21/03/1942

en observation, il est noté : évadé le 21 mars 1942





stalag1

carte de la situation des Stalags

Un  Stalag  est un type de camp pour les prisonniers de guerre , c'est-à-dire pour les soldats (pas pour les civils).
Sur le territoire allemand, les prisonniers de guerre sont tous rattachés à des camps répartis entre les diverses circonscriptions militaires du Reich.
Le Stalag XIIB  est situé à Frankenthal dans la salle des fêtes où tous les hommes, ainsi que les services annexes du camp, sont groupés dans la grande salle dont la capacité est de 1450 couchettes sur deux hauteurs (selon le rapport d'un délégué du CICR en novembre 1940); l'aération y est insuffisante, aucun moyen de chauffage n'est prévu....jusqu'en novembre 1941, il n'y a aucune table, soit pour manger, soit pour écrire.
Le Stalag XIIF , situé en Lorraine annexée,  faisait partie de la circonscription de Wiesbaden, situé à Forbach (puis Sarrebourg) du 15 novembre 1940 à sept-déc. 1944 puis il est déplacé à Freinsheim (Allemagne) jusqu'en mars 1945.
Plusieurs annexes : Boulay (Moselle) de sept.1941 à juin-sept. 1943, Camp du ban-Saint-Jean en déc. 1944, Bliesmengen-Bolchen.
Il y aurait eu 136 Arbeitskommandos (groupes de travail) qui travaillaient hors du camp.
Au 1er sept.1943, 17524 français sont dénombrés dans ce camp sur 49015 prisonniers.
Chaque prisonnier de guerre a un numéro matricule , gravé sur une plaque de métal qu'il devra toujours avoir sur lui.
Chaque prisonnier gardera ce même numéro, restera attaché au camps où il a été immatriculé à son arrivée en Allemagne quels que soient les changements d'affectation ultérieurs.

Récit d'Evasion

Quelques temps plus tard, ma grand-mère a retrouvé une enveloppe.
Dans cette enveloppe, elle avait conservé, au décés de mon grand-père, plusieurs papiers concernant la période suivant son emprisonnement au Stalag.

Parmi ces papiers, 7 pages manuscrites sur lesquelles mon grand-père a relaté ses 2 tentatives d'évasion et la troisième tentative qui a réussi.

Je pense qu'il a écrit ces pages au moment où il a demandé la Médaille des Evadés puisqu'il est nécessaire de justifier.

Je ne peux malheureusement pas retranscrire tout le récit ici , mais en voici quelques extraits représentatifs de ce qu'il a vécu pour arriver à rentrer chez lui.

***************

"Aprés huit mois de captivité, je fabrique 2 passe-partouts, l'un destiné à ouvrir la pièce où nos vêtements et chaussures sont enfermés chaque soir, l'autre à ouvrir la porte mitoyenne à la salle des gardes allemands et donnant sur la cuisine..............J'ai ouvert la première porte............ensuite habillés en civil dans un Kommando de 150 prisonniers, j'ai ouvert la deuxième porte........mais la porte donnant sur la cour, habituellement sans serrure, était cette nuit là barricadée à l'extérieur..............mon camarade pris peur et me força à rebrousser chemin. Il nous fallu alors tout refaire à l'inverse...........notre première tentative avait avorté. Nous fûmes changés de Kommando."

"Le 27 décembre 1941, je partais seul.Travaillant à la mine, je remonte un quart d'heure avant la fin du travail ...............j'empruntais pour mon départ la route passant devant le Kommando, lorsque entre la mine et celui-ci, je tombais nez à nez avec la sentinelle.....je crus avoir été dénoncé mais je m'aperçus très vite qu'elle était ivre et sur son injection........je le suivi...........dix minutes aprés mes camarades arrivaient avec un contremaitre qui, ne m'ayant pas trouvé et mes camarades lui ayant dit que j'étais parti parce que j'étais malade, venait vérifier avec appréhension la véracité de leurs dires..............le lendemain, 28 décembre, il y avait 25cm de neige. Encore une fois ma tentative était manquée."

"Ayant compris les gros risques d'une évasion seul, je prospectais mes camarades un à un pour trouver un compagnon............et un ouvrier allemand chez qui il travaillait le dimanche lui promit de nous fournir boussole et habits civils..........Nous décidons alors de nous évader le samedi 21 mars (1942) car cette semaine là nous travaillons au poste du soir c'est-à-dire de 14h à 22h............mais par coîncidence cette dernière semaine nous fûmes changés de poste.....je décide de ne pas changer la date du départ et avec mon compagnon nous fixons un lieu de rendez-vous à quelques centaines de mètres du Kommando dans un fourré où nous devions nous retrouver vers 21h..........à 21h moins quelques minutes, je sautais dans la cour du bâtiment.......je jette ensuite mes affaires par dessus la clôture de barbelés ayant gardé ma veste pour écarter les fils. ................j'avais tracé un itinéraire d'évasion.......n'ayant marché que la nuit et au petit jour presque sans cesse sous bois ..........Nous attaquames la montagne .....cette traversée nous fut d'autant plus pénible qu'au sommet de chaque cime , la boussole nous indiquait la cime d'en face et il nous fallait redescendre pour remonter ensuite. J'avais le talon en sang et l'ascension me faisait souffrir.Alors mon camarade me donnait la main pour me soulager et nous nous aidions d'un baton chacun taillé en guise de canne .................recueillis par des habitants, ceux-ci nous firent manger et coucher et nous apprirent l'arrestation du chef de gare qui s'occupait de recueillir et diriger les évadés ............Aprés maintes péripéties, nous sommes hébergés au pensionnat St Joseph qui nous garde pendant 2 jours. Puis nous partons d'Epinal à pieds un matin pour prendre le train à une petite gare en direction de Besançon ..........nous rentrons dans un petit café pour rechercher l'adresse et le numéro de téléphone d'un industriel que j'avais connu avant la guerre ........lui demande s'il ne connait pas de passeur pour nous guider afin de traverser la ligne de démarcation  ...........appelle un de ces contremaitres .......celui-ci nous amène chez lui et là nous déposons tout ce qu'il nous reste comme papiers et comme nous avons des photos, il nous fait faire des cartes d'identité. .........comme nous lui inspirons confiance, il nous confie, pour les emmener avec nous en zone libre, deux anglaises évadées du camp de Vittel ..........elles nous suivront sans un mot et à distance ..........aprés un kilomètre vers la forêt, nous trouvons un cycliste qui nous fait un signal convenu et le suivons dans les bois jusqu'à une cabane de charbonnier où nous restons en attendant l'arrivée du passeur ...... nous traversons l'espace où se trouve la ligne de démarcation à travers un marécage et franchissons la Loue en barque pour arriver en zone libre à Ounans .......de là nous nous dirigeons dans un centre d'accueil pour évadés ......le chef de centre me délivra, d'ailleurs aprés un long interrogatoire, un certificat d'évasion le 6 avril 1942."

Résistant

Lorsque j'ai su, qu'apres s'être évadé, mon grand-père était entré dans la résistance, j'ai fait des recherches auprés de l' Office National des Anciens Combattants (ONAC) et très rapidement j'ai pu obtenir une copie de son dossier dans lequel j'ai retrouvé tout son parcours en tant que résistant.

Dés qu'il s'est évadé en mars 1942, mon grand-père a commencé à aider les autres pour permettre leur évasion.
Du 1er avril au 6 avril 1942, il va aider à l'évasion d'anglaises internées au camp de Vitell. Il leur fera passer la ligne de démarcation entre Besançon et Lons-le-Saunier et les remettra à une filière pour leur passage en Angleterre.

Ensuite, pendant quelques mois , mon grand-père partira dans l'Aveyron dans sa famille maternelle (chez la soeur de mon arrière grand-mère) avant de revenir dans le Lot épouser ma grand-mère en septembre 1942.

C'est en juin 1943 que mon grand-père rentrera vraiment dans la résistance en rejoignant les Forces Françaises de l'Intérieur.

De juin 1943 à mai 1944, il est dans le Corps franc Pommiès Bataillon Sud (Lot).
Il participera alors à diverses actions de résistance :
                 fabrication de faux papiers (cartes grises, laisser-passer),
                 transport de véhicules clandestins destinés au maquis,
                 camouflage de métaux non ferreux ( remis à la libération au préfet du Lot),
                 déménagements clandestins de métaux non ferreux des églises

Du 1er juin 1944 jusqu'à la Libération de son secteur ( 26 août 1944), il est dans les Francs Tireurs Partisans Français (FTPT) Etat major Départemental .
Il conduira le troisième camion qui entre dans la ville de Toulouse pour sa libération et subira l'attaque des miliciens sur le Pont-Neuf.

Et aprés !

Aprés, sur le "Certificat d'appartenance aux FFI" on relève que mon grand-père " n'a pas continué à servir dans sa formation aprés la libération; Il est rentré dans ses foyers le 27 août 1944".

En décembre 1951, il obtient la Médaille des Evadés

medaille_evades

En 1953, il fait la demande de "Carte de Combattant Volontaire de la Résistance" et l'obtient en novembre 1953.

La loi du 20 août 1926 créa la Médaille des Evadés afin de commémorer les actes d'évasion des prisonniers de guerre.
Pour la guerre de 1914-1918, 16.000 médailles furent attribuées par une commission interministérielle.Une ordonnance du 7 janvier 1944 étendit son attribution pour les actes ou les tentatives d'évasion des militaires ou des civils pendant la guerre 1939-1945.
Pour la guerre 1939-1945, les bénéficiaires de cette médaille sont les militaires ou anciens militaires s'étant évadés entre le 2 septembre 1939 et le 8 mai 1945.
Pour que la médaille soit accordée, il est nécessaire que l'interessé :
        -  puisse prouver qu'il a réussi une évasion d'un camp de prisonniers de guerre ou il était détenu, d'un endroit où il était détenu en raison d'une action de résistance, d'un territoire ennemi ou occupé par l'ennemi.
Lors de la demande d'obtention, l'interessé doit remplir un formulaire remis par l'autorité militaire sur lequel il doit relater avec précision les évenements et les circonstances de l'évasion et citer si possible les personnes susceptibles de confirmer cette évasion.
        -  puisse justifier de 2 tentatives d'évasion (sorties effectives d'une enceinte militairement gardée par l'ennemi) suivies de sanctions disciplinaires, ou d'une seule tentative suivie d'un transfert dans un camp de représailles ou dans un camp de déportation.
  Pour ce conflit, on dénombre, en 1992,  38.976 médailles attribuées.

D'autres Papiers

Parmi les papiers retrouvés par ma grand-mère, le "Livret Individuel militaire" , la "Fiche de Démobilisation" et une "Déclaration pour les droits à la solde" qui me permettent de "retracer" le parcours militaire de mon grand-père et avoir quelques renseignements complémentaires concernant la période post-évasion.

*********

Mon grand-père faisait parti de la Classe de recrutement 1936 à Beauvais.
Il fut incorporé au corps 18eme Régiment du Génie ( régiment de sapeur-télégraphistes) en octobre 1936 puis renvoyé dans ses foyers en octobre 1938.

Le 23 mars 1939, il fut convoqué au 18eme Régiment du génie 4e bataillon 9e compagnie 1ere classe à Metz selon le Décret Loi du 20/03/1939 puis compagnie 106R à partir du 27 août 1939 où il était colombophile jusqu'au 21 juin 1940 (lorsqu'il a été fait prisonnier).
Le 06 avril 1942 (aprés son évasion et son retour en france), il fut démobilisé à Bourg (Ain).

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***

Sur la Fiche de Démobilisation établie le 06 avril 1942 par le Centre de Bourg, outre les renseignements habituels (nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse, situation de famille, dernier corps d'affectation...), on remarque plusieurs mentions :
      -  "la présente fiche donne droit au transport gratuit sur les lignes de la SNCF"
      -   un tampon " a perçu 1000 francs"
      -   un tampon " a perçu 1 costume civil, 1 béret, 1 jersey, 1 chemise, 1 caleçon, 1 p.chaussettes, 1 mouchoir, 1 p.chaussures, 1 musette
      -   un tampon "a reçu 5 journées de tickets d'alimentation pour permissionnaire"
Au dos, la mention selon laquelle mon grand-père s'est  vu remettre la carte d'alimentation le 8 avril 1942.

***

Le jour de sa démobilisation, mon grand-père a rempli une Déclaration afin de pouvoir percevoir la solde qui lui était due depuis qu'il avait été fait prisonnier.

Sur la 1ere page, on retrouve les renseignements habituels avec , en plus, l'indication du lieu de capture et le lieu d'internement.

Sur la 2eme page, la date jusqu'à  laquelle il a été payé de sa solde et des indemnités  31 mai 1940

3eme page
     Droits à la solde et aux diverses indemnités de solde
         - période antérieure à la capture
           du 1e au 20/06/40 ..............................20 j  à 2.40 =  48
         - droits acquis au cours de la détention
           du 21/06/40 au 05/04/42 ...................654 j à 1.10 = 719
        - droits ouverts à compter du jour du départ du camp
            du 06/04/42 .......................................10 j à 1.10 = 11
        - prime démobilisation .................................           1000
        - allocation forfaitaire ...............................                 40

                                                             Total ........       1818
    
      A déduire
         - montant de l'avance perçue au départ du centre         1000

      Différence                                                                   818

Cette somme sera payée le 25 avril 1942, par la perception du lieu de résidence de mon grand-père en Aveyron.

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05 mars 2008

Emprunts et Pénurie

Dés 1910, la France et la Banque de france s'etaient préparées à l'éventualité d'un conflit. Les montants de l'encaisse or est accru.
Mais face à une guerre qui commence à durer, l'Etat est obligé de prendre plusieurs mesures, en faisant appel au patriotisme des français:

        -  les français sont incités à verser leur or en le convertissant en billets

affiche_emprunt

versement_or1915

Sur ce certificat, on apprend que notre ancêtre a versé 190 francs (soit environ 580 euros ) en or contre des billets de banque et ainsi contribué à son niveau à la défense nationale.

         -  l'Etat fait  largement appel en 1915 à l'emprunt pour financer ses dépenses qui s'envolent

emprunt_guerre1915

Toujours ce même ancêtre qui a participé à cet emprunt national; Voici l'attestation de cette participation et notons au passage, tous les symboles repris dessus : le coq, le canon, les étendards, "pour la Patrie" , RF.

A côté de cela, les monnaies métalliques ne tardèrent pas à manquer et afin de ne pas mettre en péril les échanges, différentes monnaies, dites de nécessité, furent émises et mises en circulation par les Chambres de commerce, les mairies ou les commerçants.
En métal (aluminium, fer, laiton) ou même carton, ces monnaies sont utilisées pendant et aprés la guerre et certaines jusqu'en 1949.

bon1frectobon1fverso
"Bon pour 1 franc" émis par la Chambre de Commerce en 1922

article_monnaie1 article_monnaie2
Article paru dans un journal du Lot en 1926

"Monnaies divisionnaires
Les chambres de commerce ont fait frapper pendant la guerre, et depuis l'armistice, un grand nombre de jetons métal représentant une valeur de vongt-cinq, de dix ou de cinq centimes, qui ont rendu de grands services lorsque la pénurie de monnaie officielle rendaient les transactions difficiles.
......
On peut donc s'en servir ou les garder en toute sécurité.
Lorsque le gouvernemant jugera à propos des les retirer de la circulation, il fera précéder ler démonétisation d'une large publicité....."

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Mon Arrière Grand-Oncle

Voici Gabriel, l'oncle de mon grand-père, sur une photo prise pendant la guerre 14-18.

gabriel14_18

Gabriel, né en 1881,  était le frère de mon arrière grand-père Paul et avait épousé la soeur de mon arrière grand-mère Esther.

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Mort pour la France

En effectuant des recherches sur le site du Ministère de la Défense "Mémoire des Hommes", j'ai trouvé une fiche concernant une personne portant le même nom de famille que mon arrière-grand-mère paternelle et originaire du même village.

decesaudegondleon14_18

Ayant la date de naissance, je me suis donc adressé à la mairie de Gueudecourt afin d'obtenir la copie de l'acte de naissance.
Je n'ai pas pu avoir l'acte de naissance mais la mairie m'a envoyé la copie de la retranscription du décés sur lequel étaient notés le nom des parents.

Cette personne, AUDEGOND Léon Paul Antoine, avait les mêmes parents que la mère de mon arrière-grand-mère.
Je viens de retrouver un oncle de mon ancêtre , mort pour la France.

extrait de la retranscription de l'acte de décés:

"11 janvier 1922................aprés avoir délibéré conformément à la loi , attendu qu'il résulte des documents communiqués que
AUDEGOND Léon Paul Antoine soldat du 114e régiment d'infanterie a décédé à Méry (Oise) le onze juin mil neuf cent dix huit
par ces motifs...............dit que le présent jugement lui tient lieu d'acte de décés , qu'à cet effet il sera transcrit sur les registres des décés de l'année courante de la commune de Gueudecourt et que mention du jugement sera faite à la mairie de la dite commune....."

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19 février 2008

Ambialet 1837

Toujours à la recherche des nos ancêtres du Tarn, voici ce que j'ai découvert sur la famille de Julie COUBES.

Cette ancêtre, née en 1812 à Ambialet, voit décéder plusieurs membres de sa famille en 1836-1837.

    02.11.1836 à Ambialet  CLERC Joseph son grand-père maternel décède à l'âge de 75 ans

    14.02.1837 à Ambialet AUGE Antoine son premier mari décède à l'âge de 35 ans

    24.05.1837 à Ambialet COUBES Jacques son père décède à l'âge de 50 ans

Mais également non loin de là, à Terre-Clapier (12km de Ambialet), CAPUS Marie décède le 27.01.1837.
Elle aurait du être la belle-mère de Julie qui épousera en seconde noce SOULIE Pierre en 1839.

Arbre_mixte_Coubes_Page_1

Peut-on dire que ces décès sont le fruit du hasard, sont dus à une maladie transmise dans la famille ou qu'il s'agissait d'une épidemie?
Je n'ai malheureusement rien trouvé dans les actes qui puissent faire pencher vers l'une ou l'autre des hypothèses.

   Hasard : c'est probable ! surtout concernant le décès du grand-père à 75 ans

   Maladie : à l'époque les familles vivaient souvent en cercles fermés, en petites communautés et les maladies pouvaient se transmettre beaucoup plus facilement et étaient rarement et difficilement soignées.

   Epidémie : on sait que le choléra a fait d'énormes ravages en France dés 1832. Etait-il dans le Tarn en 1836-1837 ?
Si on regarde le nombre de décès en 1837 à Ambialet, il s'élevait à 111 personnes. Comparativement, il y avait eu 92 décès en 1831 et 93 en 1846. Alors ????

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16 février 2008

Remariage et Reconnaissance

En travaillant sur les Archives en ligne du Tarn, pour rechercher les actes de nos ancêtres tarnais, je suis "tombée" sur un cas me laissant un peu perplexe et interrogative.

*********

Marie CAPUS est née vers 1790 dans le Tarn (81) à Teillet.
En juin 1812, elle épouse un de nos ancêtres Marc Antoine SOULIE né vers 1787 à Villefranche (81).
Ils auront ensemble 2 enfants (1813 et 1815) mais malheureusement Marc décèdera en mars 1816.

Comme souvent en cas de veuvage, Marie va se remarier.
D'ordinaire (enfin le plus souvent), lorsqu'il y avait un remariage, celui-ci se faisait assez rapidement, surtout lorsque la veuve avait des enfants en bas âge (ce qui est le cas ici).
Or, dans le cas de Marie CAPUS le temps écoulé, entre le décés de son premier mari et son remariage, a été assez long.
En effet ce n'est qu'en juillet 1831 qu'elle épouse en seconde noce  Joseph ASSIE à Terre-Clapier (81).
15 ans ont passé entre les 2 évènements !
Mais en trouvant l'acte de mariage entre Marie CAPUS et Joseph ASSIE, je m'aperçois qu'il est noté en marge la reconnaissance de 3 enfants qu'ils ont eu en 1819, 1822 et 1827. Les prénoms et dates de naissance des enfants sont ensuite mentionnés dans l'acte lui-même, ce qui me permis d'aller rechercher ces actes.

mariageCapusAssi__2noce_1
mariageCapusAssi__2noce_2

En recherchant ces actes de naissance des 3 enfants, j'ai également trouvé la naissance d'un quatrième enfant, celui la né en 1832, aprés le mariage des parents.
Pour revenir aux actes de naissance des enfants, en y regardant de plus prés, je me suis aperçue que c'est Joseph ASSIE qui a fait lui même les déclarations de naissance (jusque là rien d'extraordinaire) mais que les parents étaient considérés comme époux !!!

Marie CAPUS et Joseph ASSIE ont eu ensemble 3 enfants hors mariage, tout en étant considérés comme mariés lors de la déclaration des naissances.
On peut se demander comment l'officier d'état civil pouvait les considérer comme époux? Pensait-il qu'ils l'étaient vraiment ? Dans les petits villages, tout se sait ! les gens devaient bien savoir qu'ils ne l'étaient pas !
Pourquoi ne se sont pas mariés plus tôt ? Marie ayant un fils de sa première union, y avait-il une histoire d'héritage ?

Autant de questions qui me laissent perplexes et pour lesquelles j'aimerais bien trouver une réponse !

Arbre_de_descendance_CAPUS

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12 février 2008

Archives Familiales

J'ai pu récement avoir accés à quelques papiers de famille, conservés par une grand-tante qui a accepté gentillement de me les confier.

Une mine de renseignements à leur examen : j'ai pu retrouver de nombreux collatéraux de la famille, en savoir un peu plus sur les us et coutumes de l'époque ...

Vous en trouverez ci-dessous quelques exemples que j'ai essayé de vous retranscrire (en respectant la façon d'écrire et les fautes d'orthographe des originaux !), ce qui n'est pas totalement évident , vu l'ancienneté des papiers mais également(et surtout) à cause de mon manque de connaissance dans ce domaine.

Reconnaissance de dette de 1826

dette1826

aujourdhuit, cinq de janvier 1826

je soussigné et je declare devoir à jean fabre mon beau frère jeandre de guillaume dauni mon père et je luy doits la somme de cent frant qui ma prété et je luy promet les lui peyer a conter de ce jourdhuit dans un ans
fait dautre main et signét de la mienne

fait le cinq janvier en 1826

Contrat de Mariage de 1817

(seulement 2 pages sur 4 pour l'original)

contrat1817
L'an mil huit cent dix sept et le cinquième jour du mois de juin, aprés midy, dans la commune de reillaguet canton de payrac arrondissement de gourdon Departement du Lot, par devant moi joseph Escudié notaire Royal à la residence du dit Reillaguet soussigné, presents les temoints soussignés, ont été presents, jean fabre fils premier né cultivateur habitant de la présente commune de reillaguet, fils majeur et legitime de pierre fabre et de feue marie rouyé mariés assisté du dit fabre son père, d'une part, et jeanne vigié fille majeure et legitime de guillaume vigié et de marie cassaygne mariés, habitante aussi du dit lieu de reillaguet, assitée de ses dits pere et mere et de perrette juste épouse de jean vigié dit trouille, d'autre part; lesquelles parties ont reciproquement convenu et promis de se prendre en mariage et de le célébrer selon les lois à la première requisition de l'une d'elles à peine de tous depens, dommages et interets sous les conditions suivantes.................

contrat1817a

Partage Anticipé de 1835

(2 pages sur 4 pour l'original)

donation1835

donation1835a

Du cinq mars 1835, à reillaguet canton de payrac, departement du lot, pardevant nous arnaud Pierre lacroix, notaire royal, résidant à Calès dudit canton de payrac, assisté des témoins bas nommés, sont comparus, Marie Cassagne, veuve de Guillaume Vigié, cultivateur, jean Vigié, aussi cultivateur, et jeanne Vigié, épouse assistée et autorisée de jean fabre, encore cultivateur, lesdits jean et jeanne Vigié, enfants de ladite Cassagne, tous habitants du present lieu de reillaguet.
lesquelles parties nous ont exposé que ladite marie Cassagne, se trouvant tout a fait avancée en age et ne pouvant par conséquent se livrer en raison des infirmités qui l'accablent a l'administration du peu de bien qu'elle possede; voulant d'ailleurs prevenir toute discussion entre ses deux enfants aprés son décés en raison du partage de ce peu de bien, a par vertu des presents fait le partage anticipé, en leur faveur, ainsi qu'il suit:
lot de jean Vigié
.......................
lot pour jeanne Vigié, épouse fabre
......................
Cette donation est faite et expressement acceptée par ledit jean Vigié et ladite Epouse fabre, donataires, aux conditions suivantes:
que ladite jeanne Vigié, épouse fabre, sera tenue de nourrir, loger et soigner, tant en santé qu'en maladie ladite Cassagne, sa mère et ce pour tout le temps qu'elle vivra, sans que ledit jean participe en rien à aucun espèce de forme de cette nature....................

Acte de Vente de 1789

vente1789

vente1789a

L'an mil sept cens quatre vingt neuf et le vingt unieme jour du mois de mars a gourdon en quercy aprés midi pardevant moi notaire royal et temoins bas nommés; acte constitué en sa personne pierre lacombe laboureur habitant du bourg de Reilhiaguet, lequel de son bongré a fait vente pure et simple et delaissement perpétuel a jamais irrevocable en faveur de jean vigié aussi laboureur babitant du bourg de reilhiaguet ici present et acceptant, d'une quartonnée de terre labourable et en friche d'une plus grande contennence et qui sera fixée par des experts amiablement convenus...

Vente de Terres en l'an VIII

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Le second germinal de l'an huit republicain aprés midy dans gourdon chef lieu de canton et arrondissement du departement du lot pardevant moy notaire public, et temoins soussignés a comparu le citoyen jean fabre proprietaire habitant de reliaguet lequel degré a fait et fait vente pure et simple et delaissement perpetuel a jamais irrevocable en faveur du citoyen guillaume vigié fils premier né à jean vigié proprietaire habitant aussi dudit reliaguet ici present et acceptant de deux terres situées dans la commune de reliaguet........

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28 janvier 2008

Il était une fois...CAHORS

Le Lot, terre natale d'une grande partie de mes ancêtres, est situé au centre du Quercy (Lot, moitié nord du Tarn et Garonne, quelques communes de Dordogne et de l'Aveyron).
Autrefois, le Quercy correspondait au territoire occupé par la peuplade gauloise des Cadourques (Cadurci).
Les habitants de Cahors, la capitale du Lot, sont nommés de ce fait Cadurciens ou Cahorsins.

Cahors_Quercy

L'histoire de Cahors et du Quercy commence donc il y a plusieurs milliers d'années, lorsque les peuples celtiques se sont installés sur les rives du Lot, à l'endroit où s'élèvera la ville de Cahors, du fait que la boucle de la rivière soit presque parfaite (on sait que les celtes avaient une dévotion particulière pour les génies des eaux et les divinités des bois).
Puis vint l'époque gallo-romaine, Cahors était une des plus grandes villes de cette période, son peuple s'étant enrichi jusqu'aux limites du luxe.
Il ne reste aujourd'hui malheureusement que très peu de vestiges de cette période: Arc de Diane (vestige des thermes romains) et un aqueduc (sur une longueur de 22km, alimentant la ville en eau).

Plus tard, le passage des Barbares par Cahors allait anéantir la ville qui avait osé leur résister. Mais malgré les désastres successifs, les descendants des Cadourques restèrent attachés à leur terre afin d'y reconstruire leur avenir.

vuecahors

Durant la période médiévale, Cahors connait une expansion exceptionnelle: l'arrivée des banquiers lombards et la présence de marchands et d'hommes d'affaires internationaux ont permis à la ville de s'enrichir et de devenir un centre financier international.
Cette puissance est démontrée à travers les constructions , telles que les façades des maisons et des commerces: de larges arcades en pierre, des éléments sculptés...

rue_Cahors

Cahors était une ville fortifiée dont les remparts existant furent doublés vers 1345, ce qui ajouta une nouvelle barrière défensive à la ville sur sa partie nord, refermant ainsi le méandre de la rivière.
3 ponts franchissaient cette rivière : le "pont Vieux" , le "pont Neuf" (1291) à l'est et le pont Valentré à l'ouest.

barbacane

Ce dernier, avec ces 3 tours fortifiées et ses 6 arches, est à ce jour un des symboles de l'architecture de défense médiévale.

pontval

pont_valentr_

Le pont Valentré, s'élevant à 30 mètres au dessus du niveau de l'eau, assurait le trafic sur la route des pélerins de Saint-Jacques de Compostelle.
Sa construction débuta en 1308 et dura plus d'un demi siècle, ce qui fut à l'origine de la legende sur ce pont et lui valut le surnom de "pont du diable".

Autre symbole du Moyen-Age et monument incortournable de Cahors, la Cathédrale fut construite durant différentes campagnes du XIe au XVIIe siècle et mèle divers styles : roman (la nef et les coupoles -1120, le portail nord- 1150) ou gothique (choeur-1285, le cloitre-1506).

cathedrale

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De nombreux hommes célèbres sont natifs de Cahors et du Lot:

Jacques DUEZE (1245-1334), né à Cahors, fut Pape à Avignon (1316-1334) sous le nom de JeanXXII. Il eut une grande influence sur cette ville en voulant que son université ait les mêmes droits et privilèges que celle de Toulouse et on y enseignait la médecine, le droit civil, le droit canon.

Clément MAROT (1496-1544) né à Cahors et poète français.

Olivier de MAGNY (1529-1561) né à Cahors et poète français.

Alain de SOLMINIHAC (1593-1659) évêque de Cahors

Francois de Salignac de La Mothe-Fénelon (FENELON) (1651-1715) évêque et écrivain, philosophe, pédagogue, théoricien politique et théologien mystique.

Joachim MURAT (1767-1815) né à Labastide-Fortunière (Labastide-Murat) et maréchal de France. Il épousa en 1800 Caroline Bonaparte et fut promu maréchal (1804) puis prince d'Empire (1805) et roi de Naples (1808-1815).

Jean-Baptiste BESSIERES (1768-1813) né à Prayssac et maréchal de France (1804) puis duc d'Istrie (1809).

Jean-François CHAMPOLLION (1790-1832) né à Figeac et égyptologue qui détermina l'existence et la correspondance des systèmes d'écriture des égyptiens.

Léon GAMBETTA (1838-1882) né à Cahors, un des fondateurs de la IIIe république, député en 1869 et Président du Conseil (1881-1882).

cahors

approfondissez votre découverte de Cahors  http://www.mairie-cahors.fr/

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09 janvier 2008

Nouvelle Photo

mamon

Voici mes arrières grands-parents paternels Rosa et Jean-Baptiste.

Cette photo date du début du 19eme siècle mais je ne sais pas exactement de quelle année (aprés 1907 puisqu'ils se sont mariés cette année là) .

Je n'avais pas, jusqu'à ce jour, de photo de mon arrière grand-père. Et grâce à une cousine qui a cette photo en sa possession, voici chose faite!

Posté par MarieChristine31 à 17:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

07 janvier 2008

Meilleurs Voeux

Meilleurs Voeux pour cette année 2008

Voici quelques cartes postales anciennes envoyées au fil du temps pour la nouvelle année et retrouvées dans les archives familiales.

carte1         carte2

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Posté par MarieChristine31 à 13:44 - - Commentaires [1] - Permalien [#]