29 mars 2009

Sage-femme et enfant illégitime

Voici un acte de bâpteme de 1722 sur la commune de Serans(60), sur lequel j'ai retrouvé une de mes ancêtres Jeanne Lambert, mentionnée comme sage-femme.

sagefemme

"ce jourd'huy 23 mars 1722 Jeanne Lambert femme de Pierre Delaporte faisant sa fonction de sage femme au petit Serens hameau de notre paroisse nous a apporté une fille illégitime pour être baptisée et que j'ay baptisée; J'ay demandé à qui cette fille appartenait, la dite sage femme nous a répondu que c'etait à Margueritte Petit fille de deffunt Gabriel Petit et de Margueritte Rousseau demeurant au petit Serens hameau de notre paroisse, que la dite fille n'était point mariée et la dite Margueritte Petit a dit que la dite enfant était du fait de Pierre ? homme marié manouvrier demeurant à Harbemont hameau de St ? . La dite enfant qu'on nous a apporté pour baptême a été tenu sur les fonts par Louis Guillon tisserand et Charlotte Lemettre ..."

      

(source : Archives Départementales de l'Oise )

   

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09 mars 2009

Dix Ans de Travaux Forcés

          

Au départ ... quelques mots dans l'acte de naissance de Aimable Josephe CANDELIER (fille dudit ancêtre)en 1819 :
"...Guislain Elizé CANDELIER agé de trente six ans domestique à gages détenu aux fers..."

Un ancêtre qui a été en prison ?
Comment ne pas avoir envie de pousser les recherches un peu plus loin ! D'autant que sur l'acte de mariage de Aimable était noté la date de décès de son père.
Je demande donc en mairie cet acte et je m'aperçois que c'est en fait une "copie de l'extrait mortuaire" de la mairie de Brest pour l'an 1820 sur lequel il est noté que Guislain Elizé CANDELIER est décédé aux Hopitaux Maritimes de Brest .
Et à Brest qu'il y a-t-il ? Un bagne portuaire !

Je suis donc partie à la recherche d'informations concernant cet ascendant ayant été "bagnard".... Enfin partie, cela est un bien grand mot !
J'ai plutot sollicité l'aide d'une connaissance (en l'occurence Thérèse que je remercie encore une fois de son aide) qui, habitant Brest, a pu se rendre au Service des Archives de la Défense et trouver le dossier que j'esperais tant.

Voici ce que j'ai pu apprendre sur lui grâce à ce document:

Matricule 10807
Mort le 30 avril 1820 à l'Hôpital du Bagne

Ci-devant inscrit à Anvers sous le n°2244, fils de Jean-Baptiste et de françoise Boniface, natif d'Amlincourt, prés d'Arras, département du Pas-de-Calais, domicilié à Saar-le-Grand, marié à Guislaine Paquez.
Agé de trente ans, taille d'un mètre 62, cheveux bruns, le sommet de la tête chauve, sourcils idem, barbe idem, visage ovale, teint un peu basané, yeux roux bien fendus, nez gros court, menton rond, front bas y ayant deux longues rides, cicatrices à la lèvre supérieure se prolongeant vers la bouche, quelques petits (seins?) répandus sur la figure et au col, une autre petite cicatrice à la lèvre inférieure côté gauche.
Condamné à St Omer par la Cour d'Assises du département le 18 novembre 1811 pour vol avec escalade et complicité à 10 ans de travaux forcés.

Exposé le 17 décembre 1811.

                     

Avec ces informations sur la condamnation, je devrais bien trouver le jugement aux archives du Pas-de-Calais.
A nouveau essayer de trouver une personne pour m'aider à avoir la copie du jugement (c'est un peu loin le Pas-de-Calais pour moi !), jusqu'à ce que l'on me conseille récemment d'écrire directement aux Archives Départementales .... Je m'exécute et quelques jours plus tard, je reçois par courriel quatre photos du jugement.
J'allais enfin savoir ce que Guislain avait pu faire exactement pour être condamné à 10 ans de travaux forcés !

Voici quelques extraits du jugement:

jugbagne1

[...]
qu'il y avait lieu à accusation contre Guislain Elisée Candelier, âgé de vingt huit ans,.... et Hilaire Paquet, âgé de vingt neuf ans, ...prévenus d'être accusés ou complice d'un vol de quatre rasières d'avoine (ancienne mesure) commis dans la nuit du vingt sept au vingt huit juillet , à l'aide d'escalade dans le grenier de la maison habitée par le sieur Mathon cultivateur à Riencourt-les-Bapaume, crime prévu par l'article trois cent quatre vingt quatre combiné à cause de la circonstance de l'escalade avec le numéro quatre de l'article trois cent quatre vingt un du code pénal et les dits Candelier et Paquet ont été renvoyés à la cour d'assise
[...]

jugbagne2

[...]
Cette avoine a été vendue le dit jour vingt huit juillet à ? heures du matin au sieur Louis Demeulier marchand brasseur à Bapaume par les nommés Guislain Elisée Candelier , garçon de cour chez le sieur Mathon et Hilaire Paquet, beau frère dudit Candelier, valet de charrue chez le sieur Augustin Debuire cultivateur à Baratre, à raison de quatre vingt centimes ou seize sols le boisseau.
Paquet a dit que cette avoine appartenait à Candelier, qu'il n'avait accompagné que pour l'aider à la transporter et que s'ils étaient venus la vendre de si grand matin c'était dans la crainte d'être incommodés plus tard par la chaleur.
[...]

jugbagne3

[...]
Arrêtés par la gendarmerie, Candelier et Paquet avouent avoir commis ce vol ensemble en s'étant introduit dans le grenier du batiment du sieur Mathon par la fenêtre qui était ouverte à l'aide d'une échelle dans la nuit du vingt sept au vingt huit du mois de juillet dernier, d'aprés le projet concerté entre eux; qu'ayant rempli trois sacs d'avoine qui se trouvait dans le grenier, ils les avaient transportés pendant la nuit jusqu'à la ville de Bapaume et qu'à l'ouverture des portes, ils l'avaient entré en ville et vendu au sieur Demeulier dont l'un d'eux était ? .
Ces faits avoués par les accusés sont attestés également par plusieurs témoins dignes de foi et par le procés verbal du cinq août dernier .
[...]

jugbagne4

[...]
La cour déclare lesdits Guislain Elisée Candelier et Hilaire Paquet convaincus d'avoir volé quatre rasières d'avoine pendant la nuit et à l'aide d'escalade dans une maison habitée pour ? de quoi les condamne à la peine de travaux forcés pour le terme de dix ans, ordonne qu'avant de subir leur peine se feront attacher au carcan sur l'une des places publiques de la ville d'Arras, qu'ils y demeureront exposés aux regards du peuple durant une heure, qu'au dessus de leur tête sera placé un écriteau portant en caractères gros et lisibles son nom, sa profession, son domicile, sa peine et la cause de la condamnation, ordonne que le présent arrêt sera imprimé par extrait et affiché dans les villes d'Arras et St Omer et dans les communes de Barâtre et Riencourt-les-Bapaume .
[...]

Mon ancêtre Guislain Elisée Candelier, né en 1783 dans le Pas-de-calais, fut donc condamné en 1811 à dix ans de travaux forcés et décéda peu avant la fin de cette peine en 1820 loin de chez lui.
Cependant un "mystère" demeure autour de lui : comment a-t-il pu avoir une fille née en 1819 ?
Existait-il des droits de visites conjugales aux prisonniers ???
les condamnés avaient-ils des permissions ???
Ou le père n'est-il tout simplement pas le père ??? 

          

*********

Le Bagne de Brest

Lorsque l'on parle de bagne, nous pensons de suite à celui de Cayenne par exemple !
Or avant que ces bagnes lointains n'apparaissent, il existait en France même deux bagnes portuaires, celui de Toulon et celui de Brest, créés à la suite d'une ordonnance de Louis XV en 1748.

Les deux cents premiers hommes arrivèrent à Brest un an plus tard et la construction du nouveau bagne commença sous la direction de Choquet de Lindu.
Le bâtiment, situé sur la rive gauche de la Penfeld, comportait quatre parties pour une longueur totale de 260 mètres sur deux étages. Il permettait d'accueillir plus de 2500 personnes en même temps (dont 350 gardes permanents appelés "chiourmes") dans des conditions d'hygiène que l'on pouvait dire acceptables, en étant doté d'un confort que peu d'habitations à l'époque possédaient ( latrines, alimentation en eau par citerne, égouts...).

Bagnebrest

La majorité des bagnards passés par Brest (entre 60 et 70 000 en un peu plus d'un siècle) étaient des petits voleurs, contrebandiers, déserteurs, braconniers ... condamnés pour la majorité à la perpétuité.
Un forçat qui arrive pour la première fois au bagne voit ses vêtements brulés pour des questions sanitaires et est vêtu une casaque rouge et un bonnet de toile. Il est ensuite enchaîné à un autre condamné présent depuis un certain temps et avec qui il passera au moins trois ans.
Le bagne employait généralement les condamnés dans l'Arsenal comme ouvriers ou manoeuvres avec une tâche qui correspondait, si possible, à leur métier antérieur.
La plupart d'entre eux possédait une relative liberté dans la journée et d'une paye de quelques centimes par jour. Ils en profitaient ainsi pour confectionner des produits pouvant être ensuite vendus en ville.
Malgré ces relativement bonnes conditions de vie, la mortalité est élévée et due à de nombreux accidents du travail (chutes, étouffements sous des rochers, ecrasements sous des navires lors des lancements...), maladies, épuisement, privations ou carences.

jugbagne6

En 1826 un rapport remettra en cause le système pénitentiaire (le bagne coute cher et rapporte peu, les risques de contagion, la concurrence des forçats face aux ouvriers...), ensuite les colonies réclament des bras.
Un premier convoi de bagnards quittera donc Brest en 1852 pour la Guyane puis le rythme des embarquements s'intensifiera jusqu'en 1858 lorsque le 1er septembre le dernier navire quittera Brest, ne laissant en rade seulement ceux qui attendent une libération prochaine ou des malades.
Le bagne de Brest ferme définitivement ses portes !

      

 

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01 mars 2009

Carnets de Guerre (4)

          

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Carnets de Guerre (3)

    

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