Qui a eu cette idée folle, un jour d'inventer l'école ...
                              Contrairement à ce qu'il se dit, ce n'est pas ce sacré Charlemagne !

L'histoire de l'école commence bien avant, avec les égyptiens.
L'école reste longtemps un privilège de sexe et de classe sociale : seuls les garçons des classes aisées sont éduqués, alors que ceux des classes plus modestes doivent aider les parents dans les différentes tâches.
Les jeunes de l'Antiquité apprennent à lire , écrire et compter à l'aide de papyrus en Egypte, d'une tablette de bois et d'un stylet en Grêce et à Rome.
En Gaule, les enfants des familles riches apprennent avec les druides mais l'enseignement se fait à l'oral sur les histoires sacrées, sur la manière de se soigner ou cultiver les plantes.

A la fin du VIII eme siècle, Charlemagne, grand admirateur des grecs, décide que tous les jeunes garçons auront droit à l'instruction.
Il fonde donc plusieurs écoles et demande aux prêtres et aux moines de s'occuper de l'éducation des jeunes.

Pendant longtemps les enfants quitteront l'école vers l'âge de 8 ans pour aller travailler.
Il faudra attendre Jules Ferry et sa loi en 1881 qui rend l'école gratuite et obligatoire pour que tous les petits français, garçons et filles, puissent avoir accés à un véritable enseignement.
L'école devient donc laïque et les instituteurs sont nommés dans chaque petit village.
Dans chaque classe, il y a un boulier pour apprendre à compter, une chaine d'arpenteur pour apprendre à mesurer, une balance et des poids pour apprendre à peser... mais pas encore beaucoup de livres et de cahiers.

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Dans un monde aux trois quarts rural, à la fin du XIXeme et au début du XXeme siècle, beaucoup d'enseignements sont basés sur l'environnement mais l'école primaire rencontre encore beaucoup de difficultés : la population s'exprime encore souvent en patois et le français est une langue plus ou moins "étrangère", l'absentéisme est considérable car les enfants participent aux travaux de la ferme, dans les classes populaires les parents souvent ignorants ne voient guère l'utilité de l'école, les maîtres de l'école publique sont souvent des ennemis de la population catholique et les institutrices mal vues par une population misogyne.

Voici quelques exemples de ce que l'on pouvait trouver comme enseignement.
A vos plumes si vous voulez essayer !

Dictée du certificat d'études en 1879 en Côte d'Or

"Avantage de la lecture.
Sans arriver à une grande instruction, on peut acquérir par la lecture des connaissances et des habitudes d'esprits, capables d'augmenter infiniment la liberté de jugement, et en même temps l'élévation de son caractère. Le goût de la lecture préservera aussi du vide et de la langueur de l'âme, si dangereux dans la jeunesse.
C'est un précieux avantage que de trouver hors de nous un intérêt innocent et facile, auquel nous puissions recourir dans un moment où, sans intérêt pour nous-mêmes, nous trainons péniblement le poids de l'exitence et pourrions nous jeter avidement sur la première distraction capable de nous aider à le soutenir. La lecture rétablit l'équilibre entre nos facultés et nos besoins; en rendant le mouvement à notre esprit, elle allège le poids de la vie qui n'est jamais lourde que parce que nous ne savons pas la porter, et qu'il est rare que l'imagination ne sorte pas, active et calme, d'une lecture commencée dans la paresse."

Jusqu'à la guerre de 1914-1918, les instituteurs avaient une grande foi dans les progrés techniques et rien de mieux ne représentait ce progrés que le chemin de fer et l'eau courante très souvent rencontrés dans les problèmes mathématiques.

problème de mathématique en 1879

"Un train part de Paris pour Marseille à 6h30 du matin et passe à Dijon à 10h30 du soir.
Un autre part de Marseille pour Paris à 7h15 du matin et passe à Avignon à 11h15.
La distance de Paris à Marseille est de 863 km; celle de Paris à Dijon de 320 km; celle de Marseille à Avignon de 120 km.
A quelle distance de Paris les deux trains se rencontreront-ils? "

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Concernant plus particulièrement mes ancêtres, je n'ai pas à ce jour retrouvé de documents (cahiers, photos...) concernant leur scolarité dans les archives familiales.
on peut cependant "mesurer" le degré d'instruction de nos ancêtres en consultant les actes d'état civil. Rien que la mention " ne sait signer" au bas d'un acte nous en dit un peu plus.
Sur le site des Archives de la Somme, j'ai cependant trouvé des informations sur Gueudecourt, le village d'où était originaire mon arrière grand-mère et toute sa famille.

Tout d'abord une monographie du village rédigé en 1899 par l'institeur de l'époque Mr Lescarcelle.

monogeudecourt  Outre divers renseignements concernant la géographie et l'histoire de Gueudecourt, on y apprend que le village comptait à cette époque 292 personnes dont 44 élèves fréquentant l'école. En 1899, mon arrière grand-mère avait 12 ans, faisait-elle encore partie de ces élèves?

J'ai également trouvé, sur le même site, le plan de l'école, établi par le même instituteur datant de 1878. On apprend notament grâce à ce plan que l'école était mixte et construite en 1863 et que son premier étage servait également à la mairie.

ecole_gueudecourt